REUNION D'INFORMATION.

Après 6 mois de fonctionnement , le nombre sans cesse croissant de nos adhérents nécessitait une réunion d'information.

Elle s'est donc tenue le Lundi 16 Juin 2008. Plusieurs projets en sont ressortis. Avoir un local plus grand pour nos distributions. Mais surtout un projet d'envergure , pouvoir installer une production de maraichage biologique dans notre vallée , où quantité de terre reste en jachère du fait d'une production insuffisante dans la culture céréalière et de la PAC (politique agricole commune). Nous recherchons dans un premier temps des jeunes qui après avoir terminé leurs études dans le milieu de l'agriculture seraient intéressés par ce projet porteur.

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Analyse de Denise et Daniel VUILLON.

Toutefois ce concept AMAP, ne doit pas être détourné de son but; pour la simple et bonne raison que ce n'est pas du tout du "discount bio", mais qu'on est là dans une économie sociale et solidaires, qui a des avantages mais aussi ses défauts.

La base de ce concept repose sur un partenariat très étroit entre un paysan et les familles qu'il nourrit. Il n'y a pas de prise de commande mais des abonnés à la ferme qui se partagent toutes les semaines les récoltes du jardin. Comme dise les québécois: je produis, vous mangez et on partage! On partage le bon (les excédents de production, la convivialité, la qualité gustative et nutritive enfin retrouvées) mais aussi le moins bon(les intempéries, les légumes que l'on aime moins et l'humeur parfois maussade du paysan! sans parler des "amapiens"grincheux qui veulent toujours ce qu'il n'y a pas dans la panier!)

Le souci permanent qu'il faut avoir c'est: est-ce que le(s) paysan(s) qui nous nourrit, gagne suffisamment sa vie pour passer à la saison suivante? Car c'est bien de cela qu'il s'agit: maintenir des paysans nourriciers près de chez soi, non seulement aujourd'hui mais aussi pour les générations futures, nos enfants et nos petits enfants. Il faut s'inscrire dans un projet durable, alternatif au système dominant qui n'est pas foutu de nourrir 6 milliards d'habitants( 2 milliards de personnes aujourd'hui ne mangent pas à leur faim!) alors que la FAO annonce que notre planète pourrait nourrir 12 milliards de personnes avec des produits bio de surcroit.

Ne pas oublier que dans tous les pays du Monde, les paysans font partie des plus pauvres. En France, 40% des paysans gagnent moins que le smig! On pourrait s'interroger sur le fait que ceux chargés de nourrir les autres n'arrivent pas à se nourrir eux-mêmes!

Vérifions donc bien que le prix des légumes et des autres productions nourrissent correctement ceux qui ont beaucoup travaillé pour vous les offrir. Pour le savoir, cela n'est pas très difficile: pour un producteur 100% en AMAP, on fait l'addition des charges de sa ferme rémunération du travail compris et on divise par le nombre d'adhérents. Cela donne le prix à payer pour maintenir ce paysan et sa ferme. C'est le juste prix de la nourriture, sans subventions pour une production soucieuse de l'environnement et qui utilise les ressources naturelles régionales. Si chacun fait cela, si on arrêtait de piller les ressources des Pays pauvres pour nous fournir du bio pas cher ( cf au Sénégal, au Maroc, au Kenya ou en Pologne) alors on pourrait croire que ce que dit la FAO est possible!

Il n'y a pas de prix arbitraire fixé par une quelconque autorité. Le prix à payer peut varier d'une ferme à l'autre car les charges des fermes peuvent être très différentes d'une ferme à l'autre dans une même filière!

Il y a un an des producteurs et consommateurs engagés ont créé pour l'Essaimage des AMAP en France: CREAMAP France qui a pour objet d'aider les groupes ou les paysans qui veulent tenter cette aventure dans une AMAP. Il y a aujourd'hui 1000 AMAP en France qui maintiennent 16600 petites fermes, nourrissant 200 000 citoyens qui financent pour 52 millions d'euros directement donnés aux paysans. Jusqu'ici, ces chiffres doublent tous les ans , tant mieux car 40 000 exploitations agricoles  disparaissent en France tous les ans contre 10 000 installations donc un déficit de 30 000 fermes!

Il est inutile de vouloir fédérer ce mouvement à l'échelon national car ce concept a horreur d'être dirigé de l'extérieur, témoin au japon ou après 40 ans et plus de 250 000 tekeï (amap japonaises), ce mouvement ne s'est jamais structurer, ils se sont toujours disputer à chaque tentative. C'est un peu rassurant car finalement quand l'équilibre a été trouvé dans un groupe, que la nourriture est excellente et que le paysan est heureux, on est dans un autre monde possible et on a peur qu'une quelconque autorité vienne mettre la pagaille et nous replace dans une situation de précarité qu'on a eu bien du mal à quitter

Texte en italique envoyé par mail par :

Daniel et Denise VUILLON (Site:http://www olivades.com)

Co-initiateur des AMAP en France et Vice-Président du réseau international URGENCI.(http://www.urgenci.net)


Le Président coordinateur

Daniel GASCARD